Les textes

Des invitations pour l’écriture de textes sont lancées sous forme de carte blanche : des textes sur le lien entre architecture et images en mouvements, des textes sur les œuvres de la collection.

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Inédit / Antoine Perriol est chercheur en histoire de l'art. Auteur d'études sur l'Imprimerie Union, Iliazd, Germaine Hugnet. Depuis le printemps 2016, il participe au jury de sélection pour La collection d’Ana D.

En 1968, le libraire et galeriste Claude Givaudan vend des œuvres filmées, plus ou moins courtes, plus ou moins cinématographiques, plasticiennes, réalisée pour la première en 1958 par William Klein. Il produit et édite de nombreux autres artistes, cinéastes, et se crée une filmographie originale en réunissant dès la fin des années 60 plus de quinze années d’images en mouvement. Il présente ainsi ce qui n’est pas encore film d’art et d’essai, ni non plus vidéo d’art,  un matériau artistique protéiforme.

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Inédit / Ettore Labbate est artiste écrivain, également traducteur de poésie et chercheur en littérature à l’Université de Caen.
 

Réflexion en fragments aux vidéos de Paul Pouvreau (La cabane) et de Julie Savoye (Nature morte) de « La collection d’Ana D. ».

En écho à la prise de risque propre à la création, on ne peut écrire sans prendre soi-même des risques. Et mon risque, en tant que spectateur, consiste ici à parler. Le risque concerne autant le créateur que le récepteur : tous deux participent à une même aventure (ou relation), et le pari de l’art (au-delà de tout ce que l’on peut raconter en termes d’histoire et/ou d’histoires) me semble devoir dépendre de ce risque commun. On le sait : l’œuvre est  autonome de tout commentaire, la particularité de l’œil étant d’être silencieux. Cependant, dans l’expérience qui s’établit entre le regardant et le regardé (entre celui qui donne à voir et celui qui est venu là pour voir), dans cette relation intime et secrète que j’appelle ici réflexion, une nécessité critique m’a saisi face à La cabane de Paul Pouvreau que je mets en parallèle avec Nature morte de Julie Savoye.

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Guillaume Meigneux est architecte, réalisateur, doctorant au CRESSON/ENSAG.
Pour La collection d’Ana D., il propose « Le travelling asynchrone et acentré », un texte initialement publié dans la revue en ligne Articulo - Journal of Urban Research, Special issue 4 | 2013. 


Le travelling asynchrone et acentré
Interpréter les trajets quotidiens comme lecture du paysage

Cet article détaille la manière dont il est possible aujourd’hui de se saisir de la figure cinématographique du travelling en vue de partager et de mettre en débat une lecture du paysage depuis un trajet en train effectué quotidiennement. Le travelling est ici envisagé non pas comme une forme de visualisation et de réactivation du site, mais bien comme un outil d’analyse et de projet permettant d’identifier, d’isoler et de manipuler des phénomènes d’ambiance. En travaillant directement par et dans l’image-mouvement, cette esquisse méthodologique permet de ne jamais quitter le domaine sensible de la durée et de l’expérience privilégiant l’image au mot, le mouvement à la perspective, l’immersion à l’intellectualisation.





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Guillaume Meigneux est architecte, réalisateur, doctorant au CRESSON/ENSAG.


Le compositing: l'expérience de la durée et l'émancipation de l'observateur 

Avant-propos : le compositing
Dès l'invention du cinéma, Georges Méliès explora les possibilités du support filmique pour renouveler nos formes de perceptions. Il fut le précurseur de ce qui ce nomme aujourd'hui le compositing... 
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Inédit / Corinne Domer est la fondatrice de La collection d'Ana D.

La collection d’Ana D. est une collection de films et de vidéos d’artistes ayant un lien avec l’architecture. L’intention est de créer un espace de création et de recherche avec la volonté de montrer des œuvres, de les faire circuler, afin de partager avec les différents diffuseurs et spectateurs des regards et points de vue.
Pour nourrir autrement les approches possibles, des auteurs sont invités à écrire des textes portant sur la relation entre image en mouvement et architecture ou sur une œuvre de la collection.

Le projet de La collection d’Ana D. est né du croisement de plusieurs réflexions associé à l’envie de confronter et partager une position qui se construit à partir d’œuvres récentes et des  différentes rencontres.


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Alain RENAUD est philosophe.
Pour La collection d’Ana D., il propose « La nouvelle architecture de l’image », un texte initialement publié dans les Cahiers du cinéma n°583, octobre 2003, in "Répliques".


La nouvelle architecture de l'image

La crise que traverse la forme-image dans son passage au numérique fait étrangement penser à celle qui affecta la forme architecturale un siècle auparavant. Confrontée aux formidables transformations (environnementales, techniques, économiques, communicationnelles, politiques, esthétiques...) du « siècle de l’industrie » et qu’exprimeront divers mouvements artistiques [1], l’architecture devenait une pratique pleinement industrielle et urbaine. Dépourvue de style, activant nostalgies et mythes fondateurs (néo-classicisme, néo-gothique, primitivisme, retour à l’artisanat...), la modernité industrielle vit l’architecture se doter de concepts, de savoirs-faire et de repères esthétiques radicalement nouveaux.
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Inédit / Sandrine REBEYRAT est écrivain. Elle est directrice des études et de la recherche à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon.
Pour La collection d’Ana D., elle propose « Bâtir une ruine », un texte critique sur La guerre est proche de Claire Angelini, film choisi en 2012.
Ce texte est publié depuis mars 2013 sur la revue en ligne "Dérives TV".


Bâtir une ruine

L’entrelacement des réseaux, le trafic des voitures et camions, l’usage bruyant des diverses voies d’acheminement ouvrent le film de Claire Angelini tourné en 2011, La guerre est proche. De ces liaisons routières, nous ne saurons rien. Car de fait, le transport des marchandises et des hommes se poursuit dans un vacarme palpable mais lointain. Sans doute s’agit-il d’un maillage reliant villes et
villages, traversant des pays, rapprochant des personnes, bref, établissant les connexions nécessaires à la vie, au commerce, aux loisirs ou aux urgences. Alentour, les véhicules circulent, et
nous laissent au sud de tout, devant quelques collines grises, des silhouettes, une terre sèche et poussiéreuse, des herbes rases puis des buissons, des arbustes.
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Inédit / Nicolas Karmochkine est architecte.
Il est associé à Denis Montel au sein de l’agence RDAI Architecture à Paris.
Egalement enseignant vacataire à l’Ecole d’Architecture de Paris-Belleville.

Pour La collection d’Ana D., il propose « LUDODRONE, un film de Olivier DAVID ».



LUDODRONE, un Film de Olivier DAVID


Casa Babylon n’est pas le meilleur album de la Mano Negra. Il était tellement plus jouissif de se rentrer dedans en écoutant « Mala Vida » ou « King Kong Five ». Et pourtant dans cet album sorti en 1994, le morceau « This is My World » met en scène, ou plutôt met en musique, un collage de sons et de paroles désenchantées nous rappelant qu’avec la guerre du Golfe, nous apprenions à regarder sans comprendre, la guerre en direct. Après le Koweit, les machines de guerre, Scud, fusée traçante, caméra infra rouge ou F117, nous permettaient maintenant de faire la connaissance de la ville Bagdad. Espaces urbains déshumanisés, simplement entraperçus depuis nos écrans mais restés toujours inconnus, mal éclairés par cette lumière blafarde verte ou rouge, nous découvrions une ville sans habitants.
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Le Dernier Coquelicot est un blog consacré au cinéma. 
Pour La collection d’Ana D., un des auteurs nous propose un texte sur La guerre est proche de Claire Angelini initialement publié dans Le dernier coquelicot, le 26 avril 2013.


Le film de Claire Angelini, la Guerre est proche, est consacré au camp de Rivesaltes. Mais comme il est écrit à propos du film, «ce film n’est pas consacré à un lieu de mémoire mais aux mémoires du lieu. Via les données concrètes et physiques du terrain, de ses bâtiments ruinés, La guerre est proche rencontre l’historicité du lieu en prenant la mesure de son actualité brûlante: la question des réfugiés, des camps de rétention, des «personnes déplacées»». La réalisatrice s’attache littéralement au lieu, c’est-à-dire qu’elle va en prendre de très nombreux plans, par des axes de repérages qui lui servent d’abord à une réalité. En même temps qu’un travail sur l’image à partir des possibilités du numérique facilitant ces repérages, la quête d’un réel est aussi mené.